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Il ne s’agit pas d’un encyclopédie, mais uniquement d’une « archive » où toutes les nouvelles et autres textes seront mis à disposition dans leur entièreté.


Un combat pour une langue libre :

Le climat linguistique francophone est particulièrement irascible. Un idéal de langue « pure » et élitiste s’est construit au fil des ans ; le fait est, cela n’est pas juste, ni légitime, on ne force pas une langue à prendre tel ou tel chemin, la preuve étant avec les évolutions progressives qu’a connu le Français et la « sacro-sainte » académie, avec comme exemple le cas de Rabelais, protecteur d’une langue populaire et libérée, il est maintenant considéré comme un symbole du « bon » français, par la même académie qui à son époque ne l’aimait guère ; ce que je cherche à faire comprendre, c’est que tout au long des siècles, certaines élites, sans connaissances linguistiques, se sont abrogées le droit de nous dicter ce qui est vrai ou faux, ce qui est bon au mauvais, comme si la langue française était une œuvre d’art à protéger des « ennemies » de l’extérieur (les autres langues, qui peuvent « dénaturer » le beau et bon français avec des emprunts) et ceux de l’intérieur (les dialectes et langues du territoire de la francophonie, autres sociolectes, chronolectes et idiolectes, jugeaient comme impure, sans valeur, pire ! Comme étant l’expression d’une certaine forme de bassesse mentale ou d’idiotie !). Sauf que ce combat est vain, même si tout le monde se mettait à ignorer cela, et qu’il ne restait que ces puristes à tenter de museler la langue vivante, ils ne pourraient rien, car ils sont trop peu, et le Changement est inévitable ; mais même si je connais cette finalité, je me refuse de laisser le pédantisme et le purisme dicter notre langue, ma condition d’auteur rend la chose d’autant plus choquante, car auteurs, poètes, chanteurs et autres artistes qui jouent avec les mots, nous sommes censé êtres les porteurs de la langue, les fers de lance de la vague linguistique. Mais dans notre société ulcérée, l’auteur est muselé, il devient une marionnette qui ne questionne même plus son écrit et son oral, tout cela pour se conformer à la volonté d’une minorité, afin de pouvoir se faire éditer « sans problème », et acquérir un prestige factice.

Je refuse, je ne souhaite pas faire partie de cette caste d’aveugles et de snobs ; je suis un locuteur conscient, doublé d’un linguophile et logophile ; le langage est une chose que je trouve fascinante et magnifique, et c’est dans son aspect chaotique, changeant et surtout multiple que j’y trouve la plus grande exaltation. Je ne supporterai pas une langue neutre et froide, sans diversité, je suis un défenseur des idiolectes de chacun, des sociolectes de tous, des dialectes et langues des autres ; sans cette diversité, le français perdrait de sa richesse et deviendrait très vite une langue sans substance, et irait peut-être rejoindre sa mère le Latin, dans la catégorie des langues mortes.

Ainsi, cher lecteur, ne sois pas étonné si tu me vois violer sans vergogne des règles que je juge illogiques, ou encore factices et synthétiques. Cela fait partie de mes choix, et, sans conteste, de mon idiolecte, Mon Français.

Afin d’éclaircir un peu mes choix, il y a deux règles particulières que je ne respecterai pas :

– L’accord systématique au masculin pour un groupe de noms, ce qui est, à mes yeux, nullement justifié, je préfère donc un accord de proximité (qui est plus juste et moins arbitraire), ainsi j’écrirais « Un Bob et une Berthe heureuses » et « Une Berthe et un Bob heureux ». Nous noterons quand même cela : « Au XVIIIe siècle, la primauté du masculin sur le féminin et celle du pluriel sur le singulier finissent par s’imposer, du moins concernant l’accord entre un sujet pluriel et son attribut. Pour justifier la primauté du masculin, le motif, tel qu’énoncé par l’abbé Bouhours en 1675, en est que “lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte” ; étant entendu que, comme l’explique le grammairien Beauzée en 1767, “le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle.” Dénonçant ces présupposés inégalitaires, certains mouvements demandent aujourd’hui à l’Académie française de réformer l’accord de l’adjectif en faveur de l’emploi de la règle de proximité dans l’accord du genre. » Je n’oserai rappeler que les quelques noms qui sont annotés dans cet extrait sont des grammairiens de l’académie française, donc des puristes et que les choix qu’ils ont faits à cette époque ne suivaient nullement une logique légitime et encore moins le consensus populaire.

-Et l’autre étant l’accord du COD avec l’auxiliaire avoir. Alors celle-ci me dérange exceptionnellement, mais je ne sais pas encore si c’est pour son caractère superficiel ou pour sa mise en exergue par grand nombre de grammarnazis et autres puristes qui apprécient se targuer d’être supérieurs, car ils maîtrisent cette règle incongrue et tellement peu naturelle. Car je me dois encore de poser le doigt sur son origine douteuse : l’Académie (ce qui nous permet de douter du bien-fondé de la règle). Mais également son fonctionnement : Pourquoi accorder avec le COD uniquement lorsque celui-ci précède le verbe ?! Pourquoi pas systématiquement ?! Et pourquoi accorder avec le COD d’ailleurs ? Car il subit l’action du verbe Avoir ? Mais une compréhension attentive du contexte permet déjà cela (il suffit d’aller voir d’autres langues comme l’anglais, qui se débrouille sans accord du tout) ! Dans ce cas, étant donné que mes questions ne peuvent trouver de réponses correctes (enfin, on m’a une fois donné un exemple où l’accord pouvait être utile, mais comme dit plus haut, il n’était pas nécessaire pour comprendre la phrase et son occurrence est particulièrement limitée), et par souci de simplicité/uniformité (car je n’ose énumérer les cas particuliers et les constructions grammaticales qui mettent à mal cette règle, et les cerveaux de ceux qui cherchent absolument à la suivre), je souhaite accorder systématiquement avec le sujet. On pourra me dire « Mais ! Le verbe avoir exprime le fait de subir une action donc l’accord devrait se jouer avec le COD ! » là je vous dirais : « Oui, certes, mais celui qui agit sur le COD, l’acteur même de l’action, le Sujet donc, peut très bien s’accorder, d’autant plus que cela ne fausse nullement la compréhension (qui est, je le rappelle, la base de la langue) ; exemple : “La Belle Berthe que j’ai vu”, “La Belle Berthe que j’ai vue”. Il n’y a aucune différence orale, et le sens n’est nullement altéré.

Enfin, je ne déblatérerai pas plus, d’autres le font mieux que moi, et de toute manière, je n’ai pas les ressources nécessaires pour rallonger mon explication. Cependant, je partagerai un livre qui explique et décris avec une justesse agréable la sociolinguistique francophone, cette odieuse relation qu’entretiennent la Norme et le Bon Usage, ou comment maltraiter la standardisation, projet humble et noble à l’origine (enfin, pas uniquement, mais c’est le thème principal, autour duquel gravite le travail de l’auteur) : Romain Xmontezuma Filstroff, Les autres ne savent plus écrire, CreateSpace Independent Publishing Platform, juillet 2017, 300 p. (ISBN 978-1546706830).

Concernant l’extrait :
Règle de Proximité

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